Aurélien Chaslard

L'enfant du club de retour !

Formé au club et médaillé à trois reprises lors de différents championnats de France jeunes, Aurélien Chaslard a laissé l’image d’un athlète polyvalent, pouvant briller au javelot comme à la hauteur. Une grave blessure l’a éloigné des stades pendant de longues années, avant qu’il ne revienne à son premier amour, mais cette fois-ci avec la casquette de préparateur physique. Retour sur le parcours d’un enfant du club, qui a lancé le javelot à 60m69 (700g) en cadet, et passé près de 2m en hauteur.

Bastien : A quel âge as-tu commencé l’athlétisme ?

 

Aurélien : J’ai commencé l’athlétisme vers 12-13 ans je crois, quand j’étais collège à Ruelle. Je connaissais Pierre-Louis Ricou depuis la primaire. Étant bons amis, je suis allé le rejoindre au club de Ruelle, juste à côté du collège. Et j’ai tout de suite accroché sur ce sport. Le fait de pouvoir toucher à tout : courir, sauter et lancer. Cela m’a beaucoup plu.

B : Les performances sont vite arrivées, n’est-ce pas ?

 

A : J’ai fait un podium aux championnats de France hivernaux, au javelot, dès cadet 1. Mais l’été a été un peu compliqué à cause de mes premières douleurs au dos. En cadet 2, j’ai fait un nouveau podium au javelot, et une place de finaliste, je crois, en hauteur. Je me rappelle avoir passé 1m99 cette année-là sans me consacrer sérieusement à la hauteur.

"Ma mère m’aidait à marcher jusqu’à ma chambre"

 

Ma première année de junior a commencé par un podium aux France hivernaux. Au javelot, comme d’habitude. J’étais super motivé pour la saison estivale, mais mes douleurs au dos étaient revenues de plus belle. J’avais tellement mal que ça me coupait la respiration à chaque lancer. Mais je cachais cette douleur à Mehdi (Luzarraga – son entraineur). J’avais tellement mal que j’avais du mal à marcher après mes entrainements, à l’approche des championnats de France.  Ma mère m’aidait à marcher jusqu’à ma chambre.

 

Forcément, Mehdi se rend compte de ma blessure et m’interdit de revenir à l’entrainement tant que je ne suis pas soigné. Ça m’a mis une petite déprime. Mais il avait raison, car après des examens j’ai appris que j’avais de l’arthrose, un pincement au disque, et que mon canal lombaire était plus étroit que la normale. C’est à ce moment-là que j’ai décidé d’arrêter l’athlétisme.

 

Je remercie Mehdi pour tout, car au-delà d’avoir été mon coach, c’est une personne qui a toujours été là quand j’en avais besoin. Je l’apprécie énormément, comme un grand frère ! Je n’oublie pas non plus Bertrand (Corre) qui venait me donner des conseils de temps en temps et qui s’occupait de ma préparation physique. D’ailleurs, je m’inspire de ses séances dans mon travail actuel.

B : Que serait-il arrivé selon toi si tu avais insisté en continuant de t’entrainer ?

 

A : J’aurai pu sortir quelques belles performances, mais il me serait aussi arrivé quelque chose de vraiment grave au dos…

 

"Je touchais à tout, même à l’aérobie".

B : Finis de parler des mauvais souvenirs. Parle-nous de tes années à Poitiers.

 

A : Après la 3ème, je suis parti rejoindre Pierre-Louis, encore une fois, à Poitiers, en sport études au lycée Camille Guérin.

Je m’entrainais avec Medhi à Angoulême pendant les vacances et les week-ends, et avec Gérard Lacroix et Patrick Poisson pendant la semaine. Je touchais à tout, même à l’aérobie.

 

Puis j’ai débuté mes études en STAPS à Poitiers, avant de faire un BPJEPD haltérophilie-musculation du côté de Bordeaux, puis un Diplôme Universitaire Européens de préparation physique à Lyon, durant lequel j’étais en alternance au G2A en tant que préparateur physique.

B : Qu’est-ce que t’a apporté ton Diplôme Universitaire Européen ?

 

A : Cette formation m’a permis de bénéficier d’intervention de préparateurs physiques de haut niveau qui ont participé à des préparations d’athlètes internationaux. Je pense à Jean-Pierre Egger par exemple, qui s’est occupé de la préparation de Valerie Adams, championne du monde du lancer du poids, et de Werner Günthör, lui aussi champion du monde de lancer du poids.

 

"Je connais tout le monde ici".

B : Après des années passées à Poitiers, puis à Bordeaux, qu’est-ce qui t’a donné envie de revenir à Angoulême ?

 

A : J’ai connu la création du club en 2006, je connais tout le monde ici, tous les entraineurs, tous les dirigeants. Je savais que je m’y sentirais bien. Et puis c’était un challenge intéressant de revenir non plus en tant qu’athlète, mais en tant que préparateur physique. La présence de Nicolas (Grimault) a fini de me convaincre.

B : Et maintenant que tu as été embauché définitivement au G2A, tu continues de te former ?

 

A : Exactement ! Cette année, j’ai passé une formation sur l’abrasion du fascia auprès de Jérôme Simian, le préparateur physique de Kevin Mayer.

 

B : Qu’est-ce que tu aimes dans ton travail au G2A ?

 

A : J’aime le fait d’intervenir sur plusieurs publics, des jeunes aux moins jeunes. C’est une énorme richesse ! J’aime aussi la facilité de dialogue que je peux avoir avec tous les entraineurs, dans la mesure où je connais tout le monde au club depuis des années.

B : Le G2A est un des premiers clubs d’athlétisme à avoir embauché un préparateur physique. Un cadre de la FFA a dit que nous avions « 10 ans d’avance » à ce sujet. Qu’en penses-tu ?

 

A : Sans me jeter des fleurs, c’est vrai que c’est un gros plus que propose le G2A avec la préparation physique. Malheureusement, nos meilleurs athlètes ne s’entrainent pas tous à Angoulême, donc mon impact sur eux est limité. Au-delà de ça, je m’efforce à sensibiliser les jeunes sur la prévention des blessures, la coordination, la motricité, la proprioception. Ce sont des bases importantes avant de passer à de la préparation physique plus spécifique, comme j’ai pu le faire avec Julien David et Maxime Vritone par exemple.

B : Comment vois-tu le club dans 10 ans ?

 

A : Le club a les moyens de ses ambitions, notamment grâce à ses bénévoles et à ses salariés. Mais le sport n’a pas l’air d’être la priorité du gouvernement. Nos athlètes sont amenés à quitter la ville pour poursuivre leurs études. Certains clubs les obligent à muter. Ce sont des difficultés auquel nous allons devoir nous attaquer.

 

Malgré cela, nous avons formé des athlètes exceptionnels qui nous ont apporté de nombreux podiums aux championnats de France. Nous avons une belle génération d’athlète qui arrive. Dans 10 ans, le club pourrait être encore plus grand. Si nous travaillons tous main dans la main, entraineurs, bénévoles et salariés, nous pourrions avoir de belles surprises !

 

B : Le G2A n’est pas ton seul travail n’est-ce pas ?

 

A : Effectivement. Je suis salarié au club en tant que préparateur physique et entraineur à raison de 30h hebdo. Mais j’ai aussi des heures à la fac de sport de Poitiers, et je suis coach sportif à mon compte. Je cumule plusieurs emplois, car j’ai le temps, et que ma vie actuelle me le permet. Mais je n’ai pas beaucoup de temps pour moi. Je travaille toute la semaine jusqu’à 20h, et souvent les week-ends. A long terme, je ne pourrai pas garder ce train de vie. Construire une vie de famille est impossible dans ces conditions. J’aimerai, à terme, me recentrer sur des missions de préparateur physique, et moins d’entraineur, et si possible, de ne pas avoir à cumuler plusieurs emplois.

B : Merci Aurélien !

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