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Cella Nguema tente l'aventure américaine !

Après avoir réalisé d’énormes progrès cette saison, en se classant national 4 sur 100m haies, Cella Nguema Mbarga va tenter l'aventure américaine en intégrant une université ! Interview avec celle qui a déjà posé les pieds aux USA :

 

Bastien : Qu’est-ce qui t’a donné envie de poursuivre tes études aux États-Unis ?

 

Cella : Tout d’abord parce que les universités américaines sont connues dans le monde entier pour être un modèle de réussite. En plus de ça, j’ai réellement envie de progresser et de pratiquer l’athlétisme à haut niveau. Par exemple, aux mondiaux d'Eugène, il y avait 123 athlètes qui venaient d’universités US, et il y’a eu 19 médaillés. C'est énorme !

 

Les infrastructures sont de qualités. Dans pratiquement toutes les universités, il y’a des nutritionnistes, des psychologues du sport et plein de moyens à la pointe de la technologie pour bien récupérer. J’ai vraiment envie de progresser dans un environnement stimulant où le sport a une place importante.

 

En plus de ça je pourrais faire ma licence à côté, tranquillement, et ça, c’est idéal. Leur programme permet aux athlètes de s’entraîner et de faire leurs études à côté. Que demander de mieux ? Et puis, je vais pouvoir découvrir une nouvelle culture, une nouvelle mentalité, mais aussi progresser en anglais. Ce sera un challenge, et cette aventure me fera mûrir.

 

Ma sœur m’a énormément aidé dans ce projet, dans les démarches, elle était à fond derrière moi parce qu’honnêtement au début je me suis dit « mais je ne pourrais jamais faire ça ». Comme quoi, avec de la confiance en soi, de l’ambition et de la volonté, tout est possible.

 

B : Depuis combien de temps travailles-tu sur ce projet ?

 

C : J’ai pris ma décision il y’a pratiquement un an, mais toute la procédure (visa, traduction des diplômes, contacts avec les universités, etc) prend du temps. Ca s’est réellement concrétisé il y’a quelques mois. Je suis passée par une agence avec ma soeur qui m’a aidé pour ces démarches. Plus mes chronos descendaient, plus les universités s’intéressaient à mon profil. Le choix de l’université s’est fait il y’a un mois à peu près.

 

B : Finalement, dans quelle université tu seras ?

 

C : Je serais dans une université qui s’appelle Harding, situé à Searcy, dans l’Arkansas. Ils sont en NCAA Division 2.

 

B : C’est toi qui as choisi l’université ?

 

C : Oui c’est moi qui ai choisi. Avant de faire mon choix, il y’avait trois universités qui me voulaient, et j’ai choisi Harding.

 

B : Comment s’est passé le processus de recrutement ?

 

C : C'était assez "éprouvant", car l'enjeu était de taille. Il fallait que je trouve une université qui soit dans mon budget, et qui soit compétitive. Au début je devais signer avec une université dans l'état du Delaware (non loin de New York), mais ça n’a malheureusement pas pu se faire. Il a fallu se remobiliser et relancer de nouvelles universités. C'était un challenge, mais j’ai finalement pu trouver, et je suis très contente d’avoir été patiente, et de ne pas m’être précipitée parce qu’Harding a vraiment l’air d’être au top !

 

B : Comment s’articuleront tes journées là bas ?

 

C : J’aurais en général cours le matin, et entraînement l’après-midi (parfois muscu le matin). En période de compétitions, je ne m’entraînerais pas les week-ends. Donc j’ai 5 à 6 jours par semaine d’entrainements à l’automne, souvent deux fois par jours, soit 8 sessions en moyenne par semaine. Au printemps ça sera plutôt 3/4 jours d’entrainement par semaine, car j’aurais des compétitions quasiment tous les week-ends.

 

B : Quelles épreuves tu vas travailler là-bas ?

 

C : Je vais privilégier le sprint et les haies (surtout 100m, 100 haies, 60m, 60 haies, 200m je pense aussi). Mais honnêtement je pense que je serais amenée à toucher à tout, donc ne soyez pas surpris si vous me voyez sur un 4H, ou sur du triple saut par exemple (rire). Tout sera basé sur la polyvalence.

 

B : Tu as pu échanger avec ton futur coach ?

 

C : Bien sûr, franchement, il est vraiment top. Il est investi dans ce qu’il fait. C’est un coach qui cherche des sportifs à l’écoute, passionnés, qui veulent donner le meilleur. C’est quelqu’un de très respectueux et respecté. En terme d’entraînements, il est focus sur la technique et le lactique, parce que de la technique sans endurance et sans force, ça ne marche pas. Il m’a dit que chaque année je pourrais faire de plus en plus de charge d’entrainement. Vraiment je suis bien tombée.

 

B : Tu t’es engagée pour combien d’années ?

 

C : Je pars là-bas pour deux ans renouvelables, pour une licence management, marketing. Future businesswoman (rire) ! Si jamais je décide de faire mon master là-bas, ce sera pour trois ans.

 

B : Est-ce que tu pourras rentrer pour les interclubs ?

 

C : Très bonne question (rire) ! Si jamais je participe aux «Nationals» (équivalent des championnats de France universitaires), je ne pense pas que je serais là, puisque c’est fin mai. En revanche, dans le cas où je ne serais pas qualifiée, je serais là pour le deuxième tour. Quoi qu’il en soit, j’ai déjà repris ma licence.

Thank you, Cella, and good luck !